Royaume-Uni, USA......bientôt la France?

Trump président


Le nom de Trump doit être celui qui est le plus prononcé aujourd'hui dans les chaumières du globe. Et pourtant, tous, qu'il s'agisse des politiques bien pensants ou des journalistes, persuadés de leur pronostic et de l'issue de leur travail d'influence, se sont réveillés ce matin avec un rappel brutal à la réalité: celui que le peuple avait choisi n'était pas le candidat qu'ils avaient décidé de faire entrer le 20 janvier prochain dans le bureau ovale.


Que retenir de ces évènements?

Il est clair qu'à partir d'aujourd'hui les langues se délient, et l'élection de Donald Trump, avec une écrasante majorité, doit être considérée comme une véritable révolution. Le peuple semble avoir repris ses droits et en particulier celui de s'exprimer à travers un bulletin de vote. Culpabilisés à outrance par la presse et la pensée pré-construite, les électeurs de Donald Trump ont surmonté la stigmatisation et osé aller jusqu'au bout de leur engagement. 

 

Que cela soit bien ou mal, si tant est que cette approche binaire puisse s'appliquer à la situation, n'est pas la question. Ce qui ressort de cette rupture de paradigme c'est incontestablement un "ras-le-bol généralisé" qui touche nos pays occidentaux. Une lassitude vis-à-vis de politiques infantilisants et dédaigneux, se comportant telle l'aristocratie poudrée et décadente que possédait la France, avant sa déchéance en 1789. La réaction d'Hillary Clinton, renvoyant ses supporteurs au lit sans daigner se déplacer pour saluer ses troupes combattantes en est une belle démonstration. Las, des journalistes se posant en  procureurs, quand ce n'est pas en inquisiteurs, et qui pensent détenir la vérité en "oubliant" parfois de trianguler les sources comme il se doit lorsque l'on réalise un travail de recherche. Cela a un avantage, celui, tout en s'appuyant scrupuleusement sur la doxa du politiquement correct, de manipuler l'opinion et ainsi de tenter d' orienter ses choix. L'illustration se trouve dans certains journaux français (Le Monde) de ce jour qui visent à démontrer que Trump n'a pas gagné "triomphalement" et que Hillary Clinton "ne s'en sort pas si mal". Ils se trompent et personne n'est dupe: le système électoral américain est ainsi fait que le nouveau président devrait recueillir près de 300 voix auprès des grands électeurs alors que 270 sont nécessaires! Celui qui gagne un match de tennis n'a pas nécessairement le plus de jeux à son actif, mais il gagne quand même...et qui viendra lui contester sa victoire?

 

Appartenant majoritairement à la classe moyenne, 58% des votants sont blancs. De cela se dégage une réelle problématique sociétale quant à la notion du "vivre ensemble" défendue avec ardeur dans nos républiques. Ceci n'est pas sans conséquence en France car, on peut penser que celles et ceux qui, alors dans la crainte de l'affichage étaient devenus des "électeurs taisant" par peur du jugement de l'establishment  sont aujourd'hui totalement décomplexés.

Notons, par ailleurs, que Donald Trump est parvenu à relever ce challenge alors qu'il n'était pas issu de l'appareil politique. Nous y voyons là une injonction du peuple qui rejette désormais toute forme de filiation politique (symbolique ou familiale dans le cas présent). De plus, il apporte un regain d'espérance à une partie de la population américaine en perte de sens, comme avait pu le faire Ronald Reagan en son temps. Le rêve américain redevient réalité pour combien de temps? cela reste la véritable question.

Le citoyen quelque peu oublié

Récemment, le peuple du Royaume-Uni s'est prononcé sur une sortie de l'Europe avec le Brexit. Comme pour les accords de Maastricht pour lesquels les français s'étaient clairement exprimés, certains souhaitent voir entrer le Parlement dans le jeu, démontrant ainsi que la valeur du vote du citoyen n'a pas (plus) de valeur aux yeux d'un exécutif aveuglé par les réussites personnelles et la course à la réélection.  

La Suisse, trop souvent moquée par les pays européens voisins quant à son mode de suffrage (les votations qui sont de véritables référendum), a conservé le citoyen au coeur du dispositif de décision. Force est de constater qu'il fait bon vivre au sein de la Confédération Helvétique car inéluctablement, un citoyen respecté et écouté fait un citoyen responsable et impliqué dans la Cité.

 

C'est la raison pour laquelle il convient, à compter de ce jour, d'être très attentifs à chaque Français, en sa qualité de "citoyen-votant", et à ne pas, au nom d'une idéologie dogmatique mais ô combien paradoxale, juger hâtivement et négliger toute une frange de l'électorat qui n'a plus peur de s'exprimer et de faire bouger les lignes.

 

Plutôt que de descendre dans la rue, armés de bâtons et autres outils, les citoyens se sont rendus aux urnes et n'on pas tremblé au moment de glisser leur bulletin. Alors Mesdames et Messieurs les politiques et journalistes, un retour aux vrais rôles qui vous incombent, à savoir servir pour les premiers et informer avec impartialité pour les seconds devient plus que nécessaire. Moins d'arrogance et plus d'humilité contribuerait à ce que tout cela ne se retourne contre vous, contre nous.

 


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